Verrons-nous l’arroseur arrosé ?

Mauriweb – Dans la précipitation, et avec une grosse erreur de casting, le gouvernement mauritanien a adopté dans sa dernière réunion hebdomadaire, un projet de décret portant création d’un tout nouveau Etablissement public qui semble être taillé sur mesure pour spolier les biens de l’homme d’affaire Mohamed Ould Bouamatou.

Il y a quelques semaines nous nous étions fait l’écho de réunions discrètes entre le président Aziz et son ministre de la Justice l’avocat Brahim Ould Daddah et le jeune président de la Cour Suprême El Houssein Ould Nagi.

Maintenant nous savons avec une quasi certitude que les deux hommes ont travaillé des nuits et des nuits (avant de partir en vacance) afin pondre ce texte qui est le continuum de la procédure judiciaire en cours d’instruction devant le pool des magistrats économiques du parquet de Nouakchott Ouest.

Qui plus est, nous sommes au mois de Septembre et ce pole économique vient de connaitre avec ce dossier son quatrième de l’année, le troisième étant celui du comptable de l’ambassade à paris venu en même temps. Est-ce à dire que depuis neuf mois, dans ce pays, il n’y a eu que deux « affaires » de crime économique ?!!!!

Assurément non ! Mais le pouvoir en place préfère le plus souvent regarder ailleurs quand il s’agit, des malles de Coumba Ba, des marchés de gré à gré et tous les marchés attribués par la CMI notamment les centrales électriques (Dual 180MW à Nouakchott, centrale éolienne de 100 MW à Boulenouar, Centrale solaire Photovoltaïque de 50 MW de Toujounine…) Mais aussi la ligne de transport 225/90kva entre Nouakchott et Nouadhibou et entre Zouérate et Nouakchott.

Mais le nouvel établissement à l’acronyme imprononçable EGBGSCRAC, ça ne s’invente pas, (Etablissement de Gestion des biens gelés, saisis et confisqués et du recouvrement des avoirs criminels) pourrait dans un avenir proche avoir à s’occuper des milliards de dollars d’argent public qui se sont évaporés et se sont retrouvés dans les poches des pontes du régime. Là ce serait à n’en pas douter l’épilogue du célèbre film des frères Lumière. Qui se traduit dans la sagesse locale par : celui qui creuse un trou devant son frère pourrait bien y tomber lui même.

Mais en fait le vrai revers de la médaille c’est celui du signal ainsi envoyé par les autorités au secteur privé, national et international. En Mauritanie nouvelle, il n’y a plus aucune sécurité à l’investissement. Pour des broutilles ou des bricoles ou même par caprice trivial, le pouvoir politique peut tout simplement vous détrousser et vous soustraire tous vos biens grâce à une justice inquisitoriale à sa botte.

Cette véritable épée de Damoclès désormais suspendue sur la tête du secteur privée, pourrait bien jouer le rôle d’épouvantail pour faire fuir des hommes d’affaires qui de toute façons avait déjà commencé à déserter le pays à cause de la mauvaise gouvernance et l’ostracisme dans l’octroi des marchés publics.

C’est dire que le film dont on voit les premiers claps, ne souffre pas seulement d’une erreur de casting, mais y ajoute un défaut de mise en scène et une absence totale de scénario.

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