Kaédi – Alarmante situation du lycée

Le Calame – Lors de mon dernier séjour à Kaédi, en Décembre dernier, j’ai eu l’occasion de visiter notre fameux lycée. Quelle désolation ! Quelle déplorable situation !

Je suis encore sous le choc de la vision du triste état du lycée de ma ville : classes délabrées et surchargées, manque d’enseignants, manque des fournitures scolaires, absence totale d’équipements didactiques et expérimentaux, parents pas du tout impliqués… bref, la cata totale !

Comment un tel établissement, naguère si prestigieux, qui formatant de hauts cadres, un lycée parmi les meilleurs, alors nanti d’un encadrement digne et serein, comment peut-il se retrouver en si mauvaise posture ? Les autorités s’intéressaient-elles vraiment au monde rural ? A qui la faute ? Qui sont concernés ? Aimons-nous vraiment notre ville ? Être patriote, m’enseigna un bon maître, c’est participer, c’est contribuer à tout ce qui concerne son pays, sa ville, son village, pour un développement durable.

Être patriote ne s’arrête pas à prendre ou agiter le drapeau de son pays, et clamer « j’aime mon pays, houboulwaatane min al imane ». Je ne commettrai cependant pas la grosse erreur de dire que les Kaédiens n’aiment pas Kaédi mais contribuent-ils, aujourd’hui, à la meilleure capacité possible de fonctionnement des écoles de notre ville ? Je ne le pense pas et c’est malheureux.

Kaédi mérite mieux, nous ne devons pas accepter la triste situation de notre temple du savoir. Je condamne la mairie de n’avoir fourni aucun effort pour la reconstruction des établissements scolaires.

Attend-elle qu’un mur s’effondre ? Plaise à Dieu que cela n’arrive ! Je condamne les parents d’élèves qui disent, tous, se soucier de la réussite de leurs enfants mais ne font rien, pour leur assurer de bonnes conditions d’enseignement. Nos dires et actes sont antagonistes. Si la formation est de mauvaise qualité, il faut, non seulement, la condamner mais, aussi, agir ensemble pour l’améliorer.

Il faut une association digne de son nom pour les parents d’élèves. Des associations, il en existe pas mal, dans ma ville, mais elles semblent plus souvent préoccupées du balayage des rues que des fléaux de sa mauvaise éducation.

J’ai l’impression que les élèves ne sont plus aucunement motivés d’apprendre à Kaédi, ils veulent tous en sortir, c’est à dire rejoindre Nouakchott et ses écoles privées… pour ceux qui en ont les moyens, bien sûr. Quant à ceux qui ne les ont pas, ils sont obligés de rester, se débrouiller pour s’en sortir, un vrai djihad (j’exagère à peine).

Dans de telles exécrables conditions, c’est trop pénible pour la plupart, et beaucoup abandonneront. Si nous ne trouvons pas de solution à la situation critique de notre lycée, c’est, à coup sûr, plus d’ignorance, plus de pauvreté, plus de révolte, plus de délinquance, dans les années à venir. « Ouvrez une école », disait Victor Hugo, « vous fermerez une prison ». Mais entendez-vous la fureur de la proposition inverse : « Fermez une école, vous ouvrirez une prison » ?

Ce qui me choque le plus, c’est le manque de profs. Des élèves de Terminale sans enseignants, alors que certains de ceux-ci montent à 8h et descendent à 10h, alors que l’Etat ne recrute pas les jeunes diplômés aptes à enseigner ! Ha, quel paradoxe, quel paradoxe !

Kaédiens, Kaédiennes, sauvons notre ville, en posant des débats fructueux sur la table, en essayant de trouver, ensemble, des solutions, du court au long terme, pour une meilleure éducation ! L’enseignement du Savoir, c’est la seule solution pour lutter contre la précarité.

Souleymane Mangassouba, dit Jules

Etudiant en management.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *